NAPOMO
NAPOMO :
#NaPoMo = National poetry month
Un poème par jour en avril
Pour le mois de la poésie
et si on le souhaite,
partager ces poèmes, sur les réseaux sociaux
pour ajouter du beau, à travers tout le reste

Contexte
J’écris tous les jours, mais je ne partage jamais ce que j’écris.
Sauf des textes choisis, pendant des micro-ouverts, soirées slam ou des événements de poésie.
(et sauf ce que j’écris en jeunesse dans mes livres, évidemment, mais c’est un autre tiroir, dans ma tête)
Participer au NaPoMo, en avril 2025, était une première pour moi.
Autant participer au mouvement que de partager mes textes publiquement, sur les réseaux sociaux.
C’est très vulnérabilisant … Surtout que ce ne sont pas vraiment des textes choisis, pas les meilleurs.
Et en même temps hyper motivant et stimulant, de faire le défi, en même temps que des poètes de partout dans la région, la province, dans le monde.
Si t’as envie de participer, toi aussi, j’ai fais un exercice créatif sur le NaPoMo :)
Clique sur les panneau pour lire mes textes faits pendant les défis NaPoMo :)
(tels que partagés, pas retravaillés)
Avril 2025
#NaPoMo – 3 avril (écris le 2)
rouler entre les montagnes
hautes, rocheuses, intimidantes
suivre le chemin
tracé profondément
par les glaciers
des milliers d’années auparavant
pour déboucher sur les vagues
l’horizon
de l’autre côté
de l’autre bord
le malbord
#NaPoMo – 4 avril (écris le 27 mars)
Depuis plusieurs nuits,
je vois des aurores,
au loin, au dessus de la mer.
Comme une brume, bleutée, lumineuse
qui danse subtilement.
Mais est-ce qu’elle danse vraiment ?
Ou c’est juste une brume, polluée de l’éclairage
des lampadaires de bord de route ?
Mes yeux n’arrivent pas à trancher.
Il faudrait demander aux crabiers
ou à Patrice Labbé.
Mon coeur a choisi.
La magie, c’est plus joli.
Donc, depuis plusieurs nuits,
je vois des aurores,
au loin, au dessus de la mer.
Comme une brume bleutée, lumineuse
qui danse subtilement.
#NaPoMo – 5 avril
Une neige ronde, blanche, opaque
se dépose
et picote l’autre neige
chevelue, mousse, translucide,
tombée dessous plus tôt
L’une semble artificielle
l’autre me rappelle ce qui couvre le pain oublié
et ensemble, c’est juste irréel
Il en tombe maintenant une mouilleuse
abondante, immense
qui m’oblige à fermer les yeux et le carnet
au papier bientôt en pâte.
je ne peux regarder que mes pieds
les flocons inondent mes cils
Une surprise sous chaque pas
ferme, mou, bosse, trou
sable, algues, rochers, crevasse
la couverture blanche ne révèle presque rien
je vois avec mes pieds
Plus loin
Les arbres font la queue leu leu
Pour tomber vers la plage
Party d’érosion en famille
Dans le bas de la falaise
mais plus haut que moi
une ligne blanche
la marée s’est rendue là
et laissé une glace, qui s’effiloche
aux alentour de papier de toilette
mouillé et collé
de l’autre côté
ce motif dans la paroi
qui m’impressionne toujours autant
comme sculpté par des termites
roche volcanique
des trous, des alvéoles
inégales
toile d’araignée
Haute-Gaspésie
terre de motifs,
de milliers de lignes
de falaises et de roches
nature magnifique et rough
#NaPoMo – 9 avril (écris le 7)
Je ne sais pas regarder
les soleils couchants
sans me brûler les yeux
Ni comment écrire
dehors en avril
sans y perdre un doigt
Anyway, j’vois pu rien
Juste des boules noires
de soleil en négatif
À côté, des rochers,
aux allures de phoques
À moins que ce soit les phoques
qui ressemblent aux roches ?
Ça ferait du sens
côté évolution
Si un phoque, ou une baleine
restent immobiles assez longtemps
Est-ce qu’ils se transforment en roche ?
Y’a tout un champs ici,
de transformés
et derrière,
un soleil couchant
que je sais pas pas regarder
#NaPoMo 10 avril (écris le 7 et le 10)
Et je suis élan
une succesion d’impulsions
mis bout à bout
Je passe, de roches en roches
les pieds sont tout sauf droits
je teste les limites de mes chevilles
devant, quand je réussis à lever les yeux,
c’est ta palette de couleur
sur l’eau et sur le ciel
t’es toujours un peu avec moi
t’es palette coucher de soleil
#NaPoMo 11 avril
Le danger
de profiter d’un moment d’attente
pour enfin laver la vaisselle
est de manger un souper
légèrement brûlé
#NaPoMo 12 avril
Il n’aura fallu
que 2 jours de soleil chaud
pour faire fuir la neige
et mes espoirs de ski
Au travers les roches « dos de phoque gris »
contraste rose
un gros rocher « robe à paillette marbrée »
Je voudrais habiter
toutes les Gaspésie en même temps
#NaPoMo 13 avril
En résidence de création
Je travaille de nuit
J’y peux rien, je suis faite comme ça
Ça intrigue les chats avoisinants
Ils sont curieux
ils se passent le mot
C’est le 3e
en 3 nuits
que je surprends
à écornifler
par la porte vitrée
Je ne sais pas s’ils y sont depuis longtemps
Mais dès que nos regards se croisent
Ils disparaissent automatiquement.
Je suis hermite
animal nocturne
et télé-réalité
#NaPoMo 15 avril
Une écorce de bouleau
roulée
et accrochée
à une épinette
Comme un cadeau
un message à cueillir
J’ai sauté
l’ai agrippé
déroulée, toute excitée
Mais c’était vide
Juste une écorce de bouleau
Qui a dû s’envoler
et arrêter sa course là
L’écorce est re-roulée
ré-accrochée
Mais elle n’est plus vide
J’ai ajouté un message dedans
Excitée comme une enfant
qui jette une bouteille à la mer
Qui sait,
C’est peut-être toi qui le trouvera ?
#NaPoMo 16 avril
je tourne
et je tourne
et je tourne
sur moi-même
tout au long de la nuit
dans le sens contraire
de la rotation de la terre
Je tourne
et je tourne
et je tourne
sur moi-même
d’un quart de tour
à la fois
à chaque éveil
Je suis le méchoui
de l’insomnie
#NaPoMo 17 avril
La résidence est finie
sur le retour, l’auto tangue
de gauche à droite
je vais pourtant droit devant
Les moutons, sur l’eau
m’expliquent pourquoi
Les montagnes en imposent
Le paysage est sublime
je me laisse toujours surprendre
même après tant de passage
mais je ne suis pas dupe
je sais que derrière,
À Pabos, à Mont-Louis
et dans toutes les terres de la Gaspésie
ils rasent tout
même les montagnes
Rien n’arrêtent les scieries
en quête de toujours plus de bois
Même pas les demandes de moratoire
ou d’aires protégées
demandées pourtant par les villes
Les MRC refusent
Le provincial recule
Les élus les plus mous
mettent des bâtons dans les roues
à ceux qui se tiennent debout
Ils n’en ont rien à faire
des écosystèmes
des espèces en danger
des rivières turquoises brunies et sédimentées
On est impuissants
contre ces monstres gourmands
qui brandissent contrats
et promesses d’emplois
Notre nature est à vendre au plus offrant
Nos rivières sont à saccager aux plus puissants
Nos forêt sont à piller aux plus convaincants
Ça sert à quoi l’argent
quand après, y’a pu rien ?
Quand y’aura plus de rivière,
où pêcher, où se baigner
Quand y’aura plus de forêt,
où skier, se promener
Quand y’aura plus de nature
où se guérir, où s’apaiser.
Ils coupent
et coupent encore
et quand y’aura plus rien à couper
Ils vont aller ailleurs
et vont nous vendre
des belles bûches écologiques
Les montagnes sont magnifiques
Mon auto tanguent de gauche à droite
Et les anses pleurent
#NaPoMo 18 avril
la neige qui défonce
le matin, le chant du merle
fermer les yeux
sortir sans foulard
et ne pas le remarquer
penser au jardin
le premier chien-dent
dans un sol encore gelé
ouvrir le manteau
#NaPoMo 19 avril
Journée de pluie
et d’atterrissage
Journée de siestes
et de grasse matinée
Journée de divan
et d’accords diminués
Journée de couverte
et de ukulélé
Journée de repos
et de cerveau à off
Journée de rien
et de colleux couchés
Journée immobile
et de temps à gaspiller
Journée parfaitement inutile
comme si j’étais un chat
#NaPoMo 20 avril
Vas-y, amuses-toi bien
on f’ra nos gammes demain
je vais t’attendre collée
sur les enfants, scotchés
au film qu’on va écouter
pendant qu’tu vas surfer ♫
#NaPoMo 22 avril
(À propos du micro-ouvert)
En bas chez nous,
à chaque mois
y s’passe de quoi de vraiment beau
Toute une communauté
rassemblée
qui s’réunit
autour d’la culture, la musique, la poésie
Une grande famille,
contente de se retrouver
s’écouter, se découvrir
se soutenir
se nourrir
Tu devrais venir,
toi aussi
Tu vas voir,
c’est beau
quelqu’un qui prends toute son courage
pis qui va au micro
Des gens de tous les âges
tous les styles
tous les horizons
Éclectique, surprenant
pis ça touche ben profond en dedans
Que t’aies envie de chanter
de jouer d’la musique
seul ou avec ton band
d’incarner une pièce
ou un conte
de lire c’que t’a écris
de le déclamer
ou de quoi qui t’as touché
ou de juste écouter
et profiter
y va toujours y avoir de l’accueil
de l’amour, pis de l’ouverture
pour tout le monde
du plus petit au plus expérimenté
Tu devrais venir, toi aussi.
On va t’sortir une chaise
Une communauté comme ça
toute mélangée
c’est beau en tas.
#NaPoMo 23 avril
(écris le 30 mars, le soir, après avoir dessiné le téléphone)
Un téléphone noir
accroché au mur
Un téléphone avec un fil
un fil tirebouchonné
avec lequel jouer,
s’emmêler,
rester pris
et patienter
pendant qu’on compose,
pendant que ça sonne
pendant les conversations
Un téléphone à cadran
comme dans l’temps
Avec les trous,
vis-à-vis des numéros
qu’il faut tourner, avec les doigts
dans le sens des aiguilles d’une montre
jusqu’au bout, pour composer
chaque chiffre
un après l’autre
mais pas tout à fait
parce qui fallait attendre
entre chaque chiffre
que le cadran soit revenu.
tourne 7 clic
tiketiketik
tourne 8 clic
tiketiketike
tourne 2 clic
tike
Encore plus long que texter avec un flip
En haut du cadran
un autre rond
où il est inscrit :
code régional 418
782 – …
Parce que dans l’temps
on avait pas besoin de composer
le code régional, le 418
juste le numéro 782 et les 4 chiffres
Et avant avant
si t’appelais au village,
tu faisais même pas le 782
pis maintenant,
on compose pu rien pantoute
on écrit
on texte
on envoie des messages vocaux, vidéos
en pensant pas trop aux impacts environnementaux
on voudrait surtout pas appeler
et déranger
le téléphone à fil
à cadran
symbole d’un autre temps
où on connectait différemment
plus lentement
mais ça comptait vraiment
#NaPoMo 24 avril
Mais au fait,
C’est quoi, au juste
de la poésie ?
Ça l’air niaiseux
comme ça, comme question
mais pour vrai, j’le sais pas
C’es-tu c’qui monte en toi
c’qui monte en moi
sans qu’on puisse l’expliquer ?
Les petites choses
qu’on remarque
à travers le filtre de notre sensibilité ?
C’est une posture,
une ouverture
à nos perceptions, nos ressentis ?
Notre vision du monde
de c’qui nous entoure
couché sur papier ?
Ou un peu n’importe quoi
qu’on souligne, qu’on remarque
du moment qu’ça nous touche vraiment ?
C’es-tu juste c’qui s’passe dans nos têtes
en continu, en d’dans
quand on s’ouvre au dehors ?
Et pour toi,
c’est quoi au juste,
de la poésie ?
#NaPoMo 25 avril
Lui ramasser son linge
des 4 derniers jours
laissé à la traîne
sur l’plancher d’la salle de bain
Les lui ramener et trouver
les serviettes
des 4 derniers jours
empilées les unes aux autres
sur l’plancher d’sa chambre à coucher
Rien de se perds
rien ne se créé
#NaPoMo 26 avril
C’que j’suis, c’t’assez
J’ai pas besoin d’écrire
comme les gens qu’j’admire
des beaux grands slams
qui font réfléchir
De jouer avec les mots
les images, les rythmes
les phrases qui punchent
les métaphores, les rimes
C’que j’suis, c’t’assez
J’ai pas besoin de disserter
de trucs profonds
engagés, militants,
ou intelligents
De m’comparer
rester bloquer
essayer d’être mieux
essayer d’être autre
C’que j’suis, c’t’assez
J’ai mes mots
J’ai ma voix
c’est peut-être ben simple
mais c’est moi
#NaPoMo 28 avril
Ça part du ventre
et du plexus solaire
comme une vague
Ça me grimpe aux bras
aux joues
d’un coup
Pis en plus,
ça irradie
aussi vers le bas
Tempes, cuir chevelu
cuisses, mollet,
Tout
J’deviens poêle à bois
bourré de bûches d’érables
Soleil de printemps
en dedans
J’pourrais faire dégeler
les calottes les plus glacées
Si j’ai pas toute enlevé
en moins d’une minute
je suis à risque de surchauffe
et d’inondation
Courts-circuit assuré
C’est fort
c’est puissant
c’est irradiant
et délicieux
mais un peu paniquant
quand j’suis derrière le volant
J’me sens invincible
une bouillotte invincible
une bouillotte invincible en camisole
pas d’cape s’il-vous-plaît
Bye bye le froid
les frissons perpétuels
la tuque, le foulard
le coton ouaté sous la grosse laine
et la multiplication des couvertes
Je suis l’été
plusieurs bouffées par journées
la canicule, c’est moi, cette année
Fac si j’ai un sourire chauffrette
et les épaules à l’air
viens m’voir, si toi t’as frette
j’pourrais t’faire un beau gros
câlin supersolaire
#NaPoMo 30 avril
J’étais bien
Quand les algorithmes et moi
on s’connaissait plus
Quand les notifications pis moi
on s’comprenait plus
Quand j’allais pas faire un tour
au moindre signe d’ennui
Quand j’étais automne
en dopamine
Quand j’arrivais à écrire, tous les jours
sans l’besoin d’être validée
C’était ben l’fun, ben beau
participer au Napomo
Mais j’suis pas triste d’arrêter
et d’m’éloigner des réseaux
Faque bye là !
Avril 2026
1er avril – Pression

la pression
des jours spéciaux
faire plaisir avec des cadeaux
acheter du chocolat
ou un livre québécois
souligner de façon originale
la cause du jour
ou le temps qui passe
être drôle et originale
le genre de chose
qui me sied mieux spontané
tous les autres jours de l’année
continuer de vivre en décalé
c’est pas le calendrier
qui va décider pour moi
JE DESSINERAI PAS DE POISSONS
et je ferai des blague un autre demain
mais quand même
l’air de rien
j’pense que j’ai fait
mon napomo
#NaPoMo – Jour 1
19 avril
j’vais allumer la lumière
le soleil a oublié
#NaPoMo -Jour 19
Les autres du mois seront rajoutés au fur et à mesure de la publication des billets de blog
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