NAPOMO


NAPOMO :
#NaPoMo = National poetry month
Un poème par jour en avril
Pour le mois de la poésie


et si on le souhaite,
partager ces poèmes, sur les réseaux sociaux
pour ajouter du beau, à travers tout le reste

Contexte

J’écris tous les jours, mais je ne partage jamais ce que j’écris.
Sauf des textes choisis, pendant des micro-ouverts, soirées slam ou des événements de poésie.
(et sauf ce que j’écris en jeunesse dans mes livres, évidemment, mais c’est un autre tiroir, dans ma tête)

Participer au NaPoMo, en avril 2025, était une première pour moi.
Autant participer au mouvement que de partager mes textes publiquement, sur les réseaux sociaux.
C’est très vulnérabilisant … Surtout que ce ne sont pas vraiment des textes choisis, pas les meilleurs.

Et en même temps hyper motivant et stimulant, de faire le défi, en même temps que des poètes de partout dans la région, la province, dans le monde.

Si t’as envie de participer, toi aussi, j’ai fais un exercice créatif sur le NaPoMo :)

Clique sur les panneau pour lire mes textes faits pendant les défis NaPoMo :)
(tels que partagés, pas retravaillés)

Avril 2025

#NaPoMo – 3 avril (écris le 2)

rouler entre les montagnes
hautes, rocheuses, intimidantes

suivre le chemin
tracé profondément
par les glaciers
des milliers d’années auparavant

pour déboucher sur les vagues
l’horizon
de l’autre côté
de l’autre bord
le malbord


#NaPoMo – 4 avril (écris le 27 mars)

Depuis plusieurs nuits,
je vois des aurores,
au loin, au dessus de la mer.
Comme une brume, bleutée, lumineuse
qui danse subtilement.

Mais est-ce qu’elle danse vraiment ?
Ou c’est juste une brume, polluée de l’éclairage
des lampadaires de bord de route ?

Mes yeux n’arrivent pas à trancher.
Il faudrait demander aux crabiers
ou à Patrice Labbé.

Mon coeur a choisi.
La magie, c’est plus joli.

Donc, depuis plusieurs nuits,
je vois des aurores,
au loin, au dessus de la mer.
Comme une brume bleutée, lumineuse
qui danse subtilement.


#NaPoMo – 5 avril

Une neige ronde, blanche, opaque
se dépose
et picote l’autre neige
chevelue, mousse, translucide,
tombée dessous plus tôt

L’une semble artificielle
l’autre me rappelle ce qui couvre le pain oublié
et ensemble, c’est juste irréel

Il en tombe maintenant une mouilleuse
abondante, immense
qui m’oblige à fermer les yeux et le carnet
au papier bientôt en pâte.

je ne peux regarder que mes pieds
les flocons inondent mes cils

Une surprise sous chaque pas
ferme, mou, bosse, trou
sable, algues, rochers, crevasse

la couverture blanche ne révèle presque rien
je vois avec mes pieds

Plus loin
Les arbres font la queue leu leu
Pour tomber vers la plage
Party d’érosion en famille

Dans le bas de la falaise
mais plus haut que moi
une ligne blanche
la marée s’est rendue là
et laissé une glace, qui s’effiloche
aux alentour de papier de toilette
mouillé et collé

de l’autre côté
ce motif dans la paroi
qui m’impressionne toujours autant
comme sculpté par des termites
roche volcanique
des trous, des alvéoles
inégales
toile d’araignée

Haute-Gaspésie
terre de motifs,
de milliers de lignes
de falaises et de roches
nature magnifique et rough


#NaPoMo – 7 avril


#NaPoMo – 9 avril (écris le 7)

Je ne sais pas regarder
les soleils couchants
sans me brûler les yeux

Ni comment écrire
dehors en avril
sans y perdre un doigt

Anyway, j’vois pu rien
Juste des boules noires
de soleil en négatif

À côté, des rochers,
aux allures de phoques

À moins que ce soit les phoques
qui ressemblent aux roches ?

Ça ferait du sens
côté évolution

Si un phoque, ou une baleine
restent immobiles assez longtemps

Est-ce qu’ils se transforment en roche ?
Y’a tout un champs ici,
de transformés

et derrière,
un soleil couchant
que je sais pas pas regarder


#NaPoMo 10 avril (écris le 7 et le 10)

Et je suis élan
une succesion d’impulsions
mis bout à bout

Je passe, de roches en roches
les pieds sont tout sauf droits
je teste les limites de mes chevilles

devant, quand je réussis à lever les yeux,
c’est ta palette de couleur
sur l’eau et sur le ciel

t’es toujours un peu avec moi
t’es palette coucher de soleil


#NaPoMo 11 avril

Le danger
de profiter d’un moment d’attente
pour enfin laver la vaisselle
est de manger un souper
légèrement brûlé


#NaPoMo 12 avril

Il n’aura fallu
que 2 jours de soleil chaud
pour faire fuir la neige
et mes espoirs de ski

Au travers les roches « dos de phoque gris »
contraste rose
un gros rocher « robe à paillette marbrée »

Je voudrais habiter
toutes les Gaspésie en même temps


#NaPoMo 13 avril

En résidence de création
Je travaille de nuit
J’y peux rien, je suis faite comme ça

Ça intrigue les chats avoisinants
Ils sont curieux
ils se passent le mot

C’est le 3e
en 3 nuits
que je surprends
à écornifler
par la porte vitrée

Je ne sais pas s’ils y sont depuis longtemps
Mais dès que nos regards se croisent
Ils disparaissent automatiquement.

Je suis hermite
animal nocturne
et télé-réalité


#NaPoMo 15 avril

Une écorce de bouleau
roulée
et accrochée
à une épinette

Comme un cadeau
un message à cueillir

J’ai sauté
l’ai agrippé
déroulée, toute excitée

Mais c’était vide

Juste une écorce de bouleau
Qui a dû s’envoler
et arrêter sa course là

L’écorce est re-roulée
ré-accrochée

Mais elle n’est plus vide

J’ai ajouté un message dedans
Excitée comme une enfant
qui jette une bouteille à la mer

Qui sait,
C’est peut-être toi qui le trouvera ?


#NaPoMo 16 avril

je tourne
et je tourne
et je tourne
sur moi-même

tout au long de la nuit

dans le sens contraire
de la rotation de la terre

Je tourne
et je tourne
et je tourne
sur moi-même

d’un quart de tour
à la fois

à chaque éveil

Je suis le méchoui
de l’insomnie


#NaPoMo 17 avril

La résidence est finie
sur le retour, l’auto tangue
de gauche à droite
je vais pourtant droit devant

Les moutons, sur l’eau
m’expliquent pourquoi

Les montagnes en imposent
Le paysage est sublime
je me laisse toujours surprendre
même après tant de passage

mais je ne suis pas dupe
je sais que derrière,
À Pabos, à Mont-Louis
et dans toutes les terres de la Gaspésie
ils rasent tout
même les montagnes

Rien n’arrêtent les scieries
en quête de toujours plus de bois

Même pas les demandes de moratoire
ou d’aires protégées
demandées pourtant par les villes

Les MRC refusent
Le provincial  recule
Les élus les plus mous
mettent des bâtons dans les roues
à ceux qui se tiennent debout

Ils n’en ont rien à faire
des écosystèmes
des espèces en danger
des rivières turquoises brunies et sédimentées

On est impuissants
contre ces monstres gourmands
qui brandissent contrats
et promesses d’emplois

Notre nature est à vendre au plus offrant
Nos rivières sont à saccager aux plus puissants
Nos forêt sont à piller aux plus convaincants

Ça sert à quoi l’argent
quand après, y’a pu rien ?

Quand y’aura plus de rivière,
où pêcher, où se baigner
Quand y’aura plus de forêt,
où skier, se promener
Quand y’aura plus de nature
où se guérir, où s’apaiser.

Ils coupent
et coupent encore
et quand y’aura plus rien à couper
Ils vont aller ailleurs

et vont nous vendre
des belles bûches écologiques

Les montagnes sont magnifiques
Mon auto tanguent de gauche à droite

Et les anses pleurent


#NaPoMo 18 avril

la neige qui défonce
le matin, le chant du merle
fermer les yeux

sortir sans foulard
et ne pas le remarquer
penser au jardin

le premier chien-dent
dans un sol encore gelé
ouvrir le manteau


#NaPoMo 19 avril

Journée de pluie
et d’atterrissage

Journée de siestes
et de grasse matinée

Journée de divan
et d’accords diminués

Journée de couverte
et de ukulélé

Journée de repos
et de cerveau à off

Journée de rien
et de colleux couchés

Journée immobile
et de temps à gaspiller

Journée parfaitement inutile
comme si j’étais un chat


#NaPoMo 20 avril

Vas-y, amuses-toi bien
on f’ra nos gammes demain

je vais t’attendre collée
sur les enfants, scotchés
au film qu’on va écouter
pendant qu’tu vas surfer ♫


#NaPoMo 22 avril
(À propos du micro-ouvert)

En bas chez nous, 
à chaque mois
y s’passe de quoi de vraiment beau

Toute une communauté
rassemblée
qui s’réunit
autour d’la culture, la musique, la poésie

Une grande famille,
contente de se retrouver
s’écouter, se découvrir
se soutenir
se nourrir

Tu devrais venir,
toi aussi

Tu vas voir,
c’est beau
quelqu’un qui prends toute son courage
pis qui va au micro

Des gens de tous les âges
tous les styles 
tous les horizons
Éclectique, surprenant
pis ça touche ben profond en dedans

Que t’aies envie de chanter
de jouer d’la musique
seul ou avec ton band
d’incarner une pièce 
ou un conte
de lire c’que t’a écris
de le déclamer
ou de quoi qui t’as touché

ou de juste écouter
et profiter

y va toujours y avoir de l’accueil
de l’amour, pis de l’ouverture
pour tout le monde
du plus petit au plus expérimenté

Tu devrais venir, toi aussi.
On va t’sortir une chaise

Une communauté comme ça
toute mélangée
c’est beau en tas.


#NaPoMo 23 avril
(écris le 30 mars, le soir, après avoir dessiné le téléphone)

Un téléphone noir
accroché au mur

Un téléphone avec un fil
un fil tirebouchonné
avec lequel jouer,
s’emmêler,
rester pris
et patienter
pendant qu’on compose,
pendant que ça sonne
pendant les conversations

Un téléphone à cadran
comme dans l’temps

Avec les trous,
vis-à-vis des numéros
qu’il faut tourner, avec les doigts
dans le sens des aiguilles d’une montre
jusqu’au bout, pour composer
chaque chiffre
un après l’autre

mais pas tout à fait
parce qui fallait attendre
entre chaque chiffre
que le cadran soit revenu.

tourne 7 clic
tiketiketik

tourne 8 clic
tiketiketike

tourne 2 clic
tike

Encore plus long que texter avec un flip

En haut du cadran
un autre rond
où il est inscrit :
code régional 418
782 – …

Parce que dans l’temps
on avait pas besoin de composer
le code régional, le 418
juste le numéro 782 et les 4 chiffres

Et avant avant
si t’appelais au village,
tu faisais même pas le 782

pis maintenant,
on compose pu rien pantoute
on écrit
on texte
on envoie des messages vocaux, vidéos
en pensant pas trop aux impacts environnementaux

on voudrait surtout pas appeler
et déranger

le téléphone à fil
à cadran
symbole d’un autre temps

où on connectait différemment
plus lentement
mais ça comptait vraiment


#NaPoMo 24 avril

Mais au fait,
C’est quoi, au juste
de la poésie ?

Ça l’air niaiseux
comme ça, comme question
mais pour vrai, j’le sais pas

C’es-tu c’qui monte en toi
c’qui monte en moi
sans qu’on puisse l’expliquer ?

Les petites choses
qu’on remarque
à travers le filtre de notre sensibilité ?

C’est une posture,
une ouverture
à nos perceptions, nos ressentis ?

Notre vision du monde
de c’qui nous entoure
couché sur papier ?

Ou un peu n’importe quoi
qu’on souligne, qu’on remarque
du moment qu’ça nous touche vraiment ?

C’es-tu juste c’qui s’passe dans nos têtes
en continu, en d’dans
quand on s’ouvre au dehors ?

Et pour toi,

c’est quoi au juste,
de la poésie ?


#NaPoMo 25 avril

Lui ramasser son linge
des 4 derniers jours
laissé à la traîne
sur l’plancher d’la salle de bain

Les lui ramener et trouver
les serviettes
des 4 derniers jours
empilées les unes aux autres
sur l’plancher d’sa chambre à coucher

Rien de se perds
rien ne se créé


#NaPoMo 26 avril

C’que j’suis, c’t’assez

J’ai pas besoin d’écrire
comme les gens qu’j’admire
des beaux grands slams
qui font réfléchir

De jouer avec les mots
les images, les rythmes
les phrases qui punchent
les métaphores, les rimes

C’que j’suis, c’t’assez

J’ai pas besoin de disserter
de trucs profonds
engagés, militants,
ou intelligents

De m’comparer
rester bloquer
essayer d’être mieux
essayer d’être autre

C’que j’suis, c’t’assez

J’ai mes mots
J’ai ma voix
c’est peut-être ben simple
mais c’est moi


#NaPoMo 28 avril

Ça part du ventre
et du plexus solaire
comme une vague

Ça me grimpe aux bras
aux joues
d’un coup

Pis en plus,
ça irradie
aussi vers le bas

Tempes, cuir chevelu
cuisses, mollet,
Tout

J’deviens poêle à bois
bourré de bûches d’érables

Soleil de printemps
en dedans

J’pourrais faire dégeler
les calottes les plus glacées

Si j’ai pas toute enlevé
en moins d’une minute
je suis à risque de surchauffe
et d’inondation

Courts-circuit assuré

C’est fort
c’est puissant
c’est irradiant
et délicieux

mais un peu paniquant
quand j’suis derrière le volant

J’me sens invincible
une bouillotte invincible
une bouillotte invincible en camisole
pas d’cape s’il-vous-plaît

Bye bye le froid
les frissons perpétuels
la tuque, le foulard
le coton ouaté sous la grosse laine
et la multiplication des couvertes

Je suis l’été
plusieurs bouffées par journées
la canicule, c’est moi, cette année

Fac si j’ai un sourire chauffrette
et les épaules à l’air
viens m’voir, si toi t’as frette
j’pourrais t’faire un beau gros
câlin supersolaire


#NaPoMo 30 avril

J’étais bien

Quand les algorithmes et moi
on s’connaissait plus

Quand les notifications pis moi
on s’comprenait plus

Quand j’allais pas faire un tour
au moindre signe d’ennui

Quand j’étais automne
en dopamine

Quand j’arrivais à écrire, tous les jours
sans l’besoin d’être validée

C’était ben l’fun, ben beau
participer au Napomo

Mais j’suis pas triste d’arrêter
et d’m’éloigner des réseaux

Faque bye là !

Avril 2026

#Napomo -1 semaine

1er avril – Pression

la pression
des jours spéciaux
faire plaisir avec des cadeaux
acheter du chocolat
ou un livre québécois
souligner de façon originale
la cause du jour
ou le temps qui passe
être drôle et originale

le genre de chose
qui me sied mieux spontané
tous les autres jours de l’année

continuer de vivre en décalé
c’est pas le calendrier
qui va décider pour moi

JE DESSINERAI PAS DE POISSONS
et je ferai des blague un autre demain

mais quand même
l’air de rien
j’pense que j’ai fait 
mon napomo

#NaPoMo – Jour 1

2 avril – Corneille ou corbeau ?

un tout p’tit poste à gaz
à vendre
avec ORDINAIRE pis DIESEL
écrit à la main, au sharpie
direct sur la pompe
devant l’une des plus belles vues de la Gaspésie

l’auto s’abreuve
pis moi j’observe 
le bec de l’oiseau

c’est une corneille 
ou un corbeau ?

à quoi bon, anyway, 
si ça se trouve
en langue corneille 
ou corbeau
y s’appellent peut-être juste 
chère belle
ou cher beau

#NaPoMo – Jour 2

3 avril – Morver

Tu tousses sur le pain
dans ma face, sur ma main
j’ai beau croiser les doigts
les laver, m’éloigner de toi
Sûr que ça va pas tarder
que moi aussi j’vais morver

#NaPoMo – Jour 3

4 avril – Clémentine

y’a toujours une clémentine dans gang
qui a décidé de vieillir avant toutes les autres

pendant qu’elle prends de l’avance
sur la germination de sa descendance

y’en a une autre
trop occupée à rester jeune longtemps
qui va toute sécher pas en dedans

#NaPoMo – Jour 4

5 avril – Horizontal

Si y neige à l’horizontale,
le 30 cm, y s’accumule OÙ ?

#NaPoMo – Jour 5

6 avril – Bouillie

fak-fak-fak-fak
quand est-ce que t’écris ?
quand-quand-quand-quand
j’fais de l’insomnie

et-et-et est-ce
que tu te relis ?
ben-ben-ben-ben
je pensais que oui

pou-pou-pourquoi
y’a rien aujourd’hui ?
par-parce que-ma
tête est en bouillie

quand-quand-quand est-ce
que ça se fini ?
dans-dans pas long
je te souhaite bonne nuit

#NaPoMo – Jour 6

7 avril – Filtre étouffé

le filtre étouffé
sous le tiqueti des pales

se surprendre à voler
chaussé de palmes
ou en courant plus vite
que l’air
mieux que l’éclair

et je continue de fredonner
une mélodie qui s’offre à moi
aux origines troubles

trouble d’excès de dattes fraîches
nouvelle drogue
à ajouter à toutes les autres
les non-officielles

bois de l’eau
juste

NaPoMo – Jour 7

7-8 avril – Ça monte

au printemps,
ça monte toute en même temps

le soleil
plus haut, plus chaud
plus tard
ça monte, ça monte

les oiseux migrateurs 
en direction
vers le nord
ça monte, ça monte

la sève 
dans les arbres
ça monte, ça monte

le niveau 
des cours d’eau
ça monte, ça monte

les bouffées de chaleurs
dans les madames
ÇA MONTE, ÇA MONTE

toute en même temps

#NaPoMo – Jour 7.5

8 avril – Voyage de paresseux

(à lire de bas en haut, ou de haut en bas, selon votre préférence)

en pas de crabe
grimper l’escalier colimaçon
chargée comme une mule
voyage de paresseux

#NaPoMo – Jour 8

9-10 avril – Le chant des voiliers

s’extraire d’la grotte
écouter la mélodie des voiliers
en harmonie avec les mouettes
concerto de câbles shakés

y’en a un plus stressé que les autres
qui bat la cadence sans relâche
ting ting ting ting ting

comme le tik tak d’une horloge trop rapide
ou les cloches d’un curé su’l speed

plus loin, ça sonne pas pareil
un choeur de fantômes en tempêtes
chorale de sifflements de mâts rangés
remplacer celle d’enfants survoltés

ben ancrée en haut du quai
y’a une pieuvre verte fluo
énorme, qui flotte dans le ciel
comme si tout était normal

un fauteuil en 2 par 4
un foyer en briques 
tout s’qui reste
de la p’tite cabane cute
du plongeur créatif

ça pis la mer
le vent
et les longs foins jaune paille
qui percent la neige persistante

flap flap FLAP FLAP flap flap
une bernache égarée
solitaire
probablement trop pressée 
de suivre le calendrier

les autres sont pas absentes pour rien
le printemps est resté jammé plus loin

l’ondulation envoûtante
des vagues sous la slush et les glaces
c’est beau

comme une danse molle

si j’me faisais pas arracher la face par le vent
j’resterais toute la journée 
juste pour la regarder

#NaPoMo – Jour 9

10 avril – Fantôme bluetooth

j’t’entourée de plantes
presqu’une jungle
j’t’entourée de livre
plus qu’une bibliothèque

y’a de l’art, des objets étranges
de l’architecture surprenante
et un fantôme

un fantôme mélomane

y’a prit contrôle du p’tit haut-parleur 
vintage couleur menthe

tougoudou  ♫
le son du bluetooth s’est allumé
j’ai rien touché

une musique ambiante 
que j’connais pas
est sorti de l’enceinte
comme d’une autre dimension

j’ai trouvé ça drôle
je l’ai laissé aller

pis ça a viré
en HEAVY MÉTAL

j’ai trouvé ça moins drôle
je l’ai fermé

tu mettras des écouteurs,
fantôme

cette semaine, on cohabite

s’il-te-plaît

#NaPoMo – Jour 10

11 avril – Dans ma tête

dans ma tête
y’a tout le temps
plein de monde
qui me jugent
sur tout c’que j’fais

#NaPoMo – Jour 11

12 avril – Fragments

sous-estimer
la force du soleil
de printemps

contraste frappant
entre le 1° de novembre
et celui d’avril

ça sert à quoi
un thermomètre
au fond ?


j’attrape les idées
avec un filet à papillon

mais j’plus habile
avec un crayon


on a l’agathe flexible
en Gaspésie
mais si ça fait plaisir,
pourquoi pas ?

#NaPoMo (s) – Jour 12

13 avril – Mouette


c’était une mouette
qui se reposait tranquillement
sur un restant de glacier
les yeux au loin, vers l’océan

jusqu’à ce que je m’arrête
armée de mon carnet et mon crayon
t’inquiète, la mouette
ça sera pas long


#NaPoMo – Jour 13

14 avril – Fluo

c’est comme si le fluo
pouvais juste exister
dans nos yeux

#NaPoMo – Jour 14

15 avril – Bernache

ça jappe dehors
la bernache égarée
a retrouvé ses amies

#NaPoMo – Jour 15

16 avril – Non-explosion

à toutes les semaines
martelé comme une rengaine
« préparez-vous, ça va fermer »

erreur ou coup de veine
3 jours qu’la date butoir est passée
pis ça a toujours pas explosé

j’écris sur la pointe des pieds
des fois qu’ils s’en rendent compte
mais y’ont oublié d’interrompre
ma messagerie préférée

#NaPoMo – Jour 16

17 avril – Glaciers

je voulais t’appeler, mon amie
mais le vent et les vagues
discutent trop fort

la banquise épaisse est craquelée
je m’avance dans la fente qui la sépare en deux
les pieds sur une plage enfin dégagée

si quelqu’un me voit
il n’aura que la moitié de moi

l’odeur piquante du varech mouillé
me monte au nez,
là où j’peux plus avancer

je voulais t’écrire, mon amie
mais mes mains ne tiendront pas bon
sans se transformer en glaçons

dangereux de jouer la poète
en avril sur la pointe des mouettes

des mouettes qui volent sur place
la force des ailes
à égalité
avec la force du vent


sur la grève
les glaces, comme des robes
soulevées par le vent
figées en jupons-glaciers


trouées en gruyère
ou dentelle grossière

on dirait des raies
qui survolent le fond de l’océan
en apesanteur

elles résistent
dans les airs
les appuis volés par la mer
défient la gravité

m’impressionnent tant
que je ne peux m’empêcher
d’avoir envie de les casser
de les escalader
comme une enfant

je balance dans l’eau
de gros morceaux décrochés
accélère le retour à leur mère

je me sens un peu cruelle

et s’ils voulaient prendre leur temps
se faire griller la couenne
sur la plage, tranquillement
avant la grande transformation
avant de boucler le cycle

je les regarde flotter
se lisser, rapetisser
dans un mélange de fascination
et de culpabilité


c’est plus difficile
mais je découvre avec joie
que je peux écrire
en mitaines

j’écris plus que j’avance
même dehors
l’inspiration continue
son effet de procrastination

j’aurai une bonne hygiène de vie
dans la prochaine

ce ne sont pas de jolies roches
dont je remplis mes poches
mais des débris de plastiques
échoués dans le gravier


prêts à être ré-avalés
par l’océan
et tout ce qui a dedans


plus loin,
des immenses galettes de banquise
se battent contre les vagues, dans l’eau
dans un cha-cha-cha saccadé

téméraire,
je m’avance dans la mer
sur un glacier dans l’eau

puis sur un autre

inquiète-toi pas
j’vais pas sur ceux
qui se font le plus brasser

mais quand même
ça bouge sous mes pieds
ça se cogne, s’amortit
ça ondule
je suis entourée d’eau

et hop
je change d’île
encore
une plus mouvante
comme un manège

je m’agenouille
me rapprocher de l’horizon agité
de la surface de l’eau
et tout ce qu’elle contient

je danse avec les vagues
je vogue sur place
embrasse le bercement
deviens banquise

ne pas oublier les marées
vérifier derrière
la plage encore à proximité
se faire prendre à dériver
serait pas mal moins poétique


j’ai comme partenaire de danse
une joyeuse slush mal shakée
pleine de gros mottons

c’est plus beau
qu’un centre bell qui fait la vague
parce qu’on la fait pour vrai

écrire sur un glacier
c’est comme écrire en auto
sur une route vallonnée
ça donne la nausée

3 petits sauts

retour sur la terre ferme

la 1ère fois de l’année
que je m’assois
sur une plage pas mouillée

encore trop mal au coeur
pour regarder la mer

j’essaie de t’appeler, mon amie
réseau occupé

des ombres picotées me survolent
un nuage de p’tit oiseaux blancs


au retour, dans l’auto
coïncidence à la radio

la fille de l’iceberg

#NaPoMo – Jour 17

S’cuse, c’était un peu long aha
Pour les paresseux, ou les passionnés,
en exclusivité, le résumé-extra du poème :

18 avril – Gnnn

j’ai beau lire et re-lire
écouter et réécouter
je ne parle pas
la langue de l’université

#NaPoMo – Jour 18

19 avril

j’vais allumer la lumière
le soleil a oublié

#NaPoMo -Jour 19

20 avril – Neige

on l’a eu ici aussi, finalement
la p’tite neige légère

j’aurais dû y penser
c’est toujours une journée en décalé

la météo, pis le train :
même vitesse

sauf que les nuages, eux
y restent pas jammés à mi-chemin

y se rendent jusqu’à Gaspé

#NaPoMo – Jour 20

21 avril – Escaliers

4 longs escaliers 
pour descendre à la plage
presque collés

maison privée
défense de passer

on s’crérait quasiment pas ici

une chance qui la chute en crue
pour me rappeler que l’eau retourne toujours à la mer

#NaPoMo – Jour 21

22 avril – Bulles

j’avance doucement
à tous petits pas
mais j’fais peur aux bulles prises sous la glace de la nuit

je les amadoue un peu
avant qui comprennent
comment qu’on peut avoir du fun 
à swigner comme ça ensemble

le rigodon des dernières glaces

#NaPoMo – Jour 22

Rigodon bulles

Les autres du mois seront rajoutés au fur et à mesure de la publication des billets de blog

Si tu veux participer aussi au NaPomo
et que tu sais pas par où commencer,
rends-toi sur la page de l’exercice créatif,
je donne des trucs et je partage ce que je connais du défi :)


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