Fous de bassan, longue vue, remplir les marges et le droit de cacher des pages

Dessins du jour du 23 mai au 5 juin 2026

Au menu : Des couleurs, des motifs, le droit de commencer par le milieu et cacher des dessins, des hiboux, des fous, une longue-vue voyeure, un tracteur, un arbre, de l’attente et de l’amour.


23 mai – Porte des belles couleurs

Porter des belles couleurs …

… ça fait du bien

Je sais jamais comment m’habiller le matin.
(Je parle ici des matins où je risque de voir d’autres humains (que ma famille) dans la journée, sinon J’M’EN FOUS)
J’ai terriblement du mal avec l’agencement des vêtements.
J’aime que ce soit coloré et funky, mais je suis jamais sûre jusqu’où c’est ok d’aller.
J’ai besoin que ce soit très très très confortable, mais sans avoir l’air d’être en pyjama.
C’est quelque chose qui me prends beaucoup (trop) d’énergie aha

Alors des fois, quand je suis contente du « fit », j’aime ça le noter en dessin :P
(et ça permet d’explorer des palettes de couleurs)

(dessiné aux craies Neocolor II absolument pas aiguisées)

24 mai – On s’est presque baignés

Pas de dessin aujourd’hui (oups), mais un texte.
Et une belle journée.
(pour sauter le texte et passer au prochain dessin, clique ici)

On s’est presque baignés
 

mal de tête au lever
ça commence mal la journée

le dehors rempli du chant des oiseaux
impossible de rentrer pour la sieste

on zigonne un boutte
mais ça y est
les hamacs sont installés

on peut s’coller
pis s’bercer
les dents un peu serrés
les cordes grincent
l’écorce craque
faut faire confiance

ride de vélo vers le 3e rang
les gars comparent leurs chires dans garnotte
imitent le bruit d’une motocross
en coinçant sur la roue, une bouteille d’eau
parmi toutes celles pitchées sué bords de route
à travers les déchets
et les carcasses de homards et de crabes
qui décorent le ciel de ribambelles de mouettes

à terre, y’a même un ziploc
rempli de botch de cigarettes
y’a failli être propre

on visite les ruisseaux de printemps
qui vont disparaître avec la sécheresse

y fait chaud dans l’arrière-pays
c’est l’été autour des bassins
l’ambition nous prends de se baigner
une envie impossible à retenir
même si notre main, dans l’eau
nous a dit qu’entre ça, pis d’la glace
y’a pas gros de différence

on repart en mission
retour à la maison
ça descends mieux que ça monte
du 3e au 2e rang
même pas besoin de pédaler
l’impression de s’envoler
aussi vite que baissent les degrés

maillot, serviette, gourde d’eau
juste le temps qu’il faut
pour ensuite remonter en haut
se rendre compte qu’on réussira pas
à traverser le tunnel en t’sour d’la route
à crier dans l’écho
se faire des peur dans l’noir
pour aller d’l’autre bord

on tolère pas nos pieds
plus qu’une seconde dans l’eau
sans avoir mal jusqu’au cerveau

heureusement, y’a d’la bouette
des sables mouvants
et des roches à pitcher

encore mal à tête
mais ben contente
de pas être retournée me coucher

25-26 mai – Hiboux

J’aime ça quand le dessin du jour se fait sans effort et sans que je m’en rende compte,
parce qu’il y a un bout de papier et un crayon qui traîne sur le table. Je pense que c’était un arrière d’autocollant ? ou un feuille à tatoos ?
C’était l’endos de quelque chose qui n’avait pas été ramassé et qui s’est pas rendu au recyclage.

Le lendemain, j’ai encore la flème du dessin du jour (comme presque tous les jours ahah)
Alors je remplis juste une page de pleins de couleurs chaudes mélangées, aux paintstick.

Pour pas perdre ces petits bouts de papiers, où je dessine ou prends des notes, je les colle toujours dans mes carnets. Tant qu’à le coller, je l’intègre au barbot. Je sais pas si c’est beau.
Mais j’m’en fous un peu et c’est ça pour ce jour-là. ;)

T’AS LE DROIT DE COMMENCER PAR LE MILIEU

Avant, je commençais souvent des carnets.
MAIS JE LES FINISSAIS JAMAIS.

Beaucoup parce que j’avais pas réussi à installer une routine quotidienne comme maintenant.


Mais aussi parce que quand je faisais un dessin que j’aimais pas sur la ou les première(s) page(s), je ne l’ouvrais plus. Le carnet était gâché.
J’étais déprimée pour 3 jours juste de penser à rouvrir le carnet.
Et il finissait aux oubliettes de la honte.

(Ça arrivait aussi, si j’avais fait ce genre de dessin plus loin, comme un dégoût du dessin manqué. Moins pire que si c’était les 1ères pages, mais c’était là quand même)

Ben je voulais prendre le temps de vous partager 2 trucs pour ça.
Parce que j’en ai parlé avec mon amie Janoue, cette semaine et aussi parce que c’est facile à contourner.

Le problème avec les 1ères pages gênantes, c’est que c’est presque immanquable.
Si on veut PAS faire de quoi de raté, c’est ce qu’on risque de faire.
C’est comme les crêpes, on dirait qu’on a pas le choix de manquer les premières, pour que les autres soit belles. Même si on fait tout pareil qu’avec celles pas ratées.

Mais tsé, c’est quand même beaucoup de pression, commencer un carnet.
Devoir faire de quoi qu’on va trouver beau, pour chaque fois qu’on ouvrira le carnet.
(ou pire, penser aux gens extérieurs qui pourraient un jour feuilleter notre carnet iiiiiiii)

J’vous apprends sûrement rien, mais je le réécris, des fois :
La pression de performance (ou de perfection), c’est l’ENNEMI de la création.

Faque

TRUC # 1 : COMMENCEZ VOTRE CARNET AU MILIEU, N’IMPORTE OÙ, MAIS PAS AU DÉBUT.

Comme ça, si c’est manqué, c’est plus loin, c’est caché.
Ça enlève beaucoup de pression.
Et la joie d’ouvrir le carnet continue d’exister longtemps, peut importe :)

Et ça permet de se réchauffer, de remplir le carnet de pleins de trucs, avant de se sentir capable de faire les 1ères pages. Ça leur mets beaucoup moins de pression, quand y’a déjà de l’âme et de la création plus loin. Quand y’a déjà un ensemble de dessins de fait.

Et tsé, si y’a des dessins (trop) manqués ou gênants ….

TRUC #2 : T’ES PAS OBLIGÉ DE LES GARDER

Si y’a des explorations moches qui te donnent envie d’abandonner ton carnet, tu as le droit de :

– leur écrire « t’es laitte, j’t’aime pas »
– les recouvrir de peinture
– barbouiller n’importe quoi par dessus
– faire du collage par-dessus
– les coller (les 2 pages ensemble, avec de la colle, version permanente, ou du papier collant ou du washi-tape, version je-peux-revenir-en-arrière)
– les brocher
– les déchirer
(et si ça te fait du bien, les pitcher au bout de tes bras, sauter dessus en criant, les brûler avec faisant une danse rituelle de la libération)
– les accepter comme elles sont, mais tsé, pour vrai, si ça fait mal les regarder, fais-les disparaître :P
de façon réversible ou pas.

Je le fais de temps en temps, dans mes carnets (coller des pages ou les transformer)
J’ai encore jamais fait les versions hardcore, mais ça doit être quand même satisfaisant aha

Dans mes carnet d’écriture aussi, je ferme/cache avec du papier-collant les pages plus émotionnelles, plus intimes, que je veux pas revoir trop souvent ou que j’aimerais pas que quelqu’un lise par hasard. Ça donne vraiment plus de liberté dans l’écriture.

Se donner le droit de pouvoir cacher ou arracher des pages, c’est se donner le droit d’explorer, d’essayer des affaires, de faire du pas beau. Et c’est souvent comme ça qu’on fait les meilleures découvertes et qu’on évolue comme artiste.
(ou qu’on a du fun, tout simplement)

Faut garder en tête qu’un carnet, c’est pas supposé être de quoi de précieux, de parfait et d’exposable, mais plutôt un lieu d’exploration, d’essais, d’erreurs et de jeu.
(mais bon, c’est dur de se débarrasser du perfectionnisme haha)



Donc beaucoup de mots, juste pour dire :
– T’as le droit de faire du pas beau
– T’as le droit de le cacher et pas le garder dans ton carnet.
– Et t’as le droit de commencer ton carnet au milieu.

26 mai – Lentement

J’allais vraiment botcher ma page d’écriture du jour.
Genre un mot par ligne aha

Finalement, j’me suis laissée emporter par les dessins de bout de ligne. Les personnages qui tirent les mos vers la droite.
Et l’envie de faire rimer les mots dans les lignes vis à vis, dans l’autre page.
(Pas besoin de lire, c’est juste un délire aha même moi, j’me suis pas lue)

27 mai – Toute est juste sur le bord

Aujourd’hui, j’ai vu flou
le cerveau dans bruine
pareil qu’le dehors

j’ai aussi vu
une gang de fous de bassan
aussi fiers qu’une gang de motards

tassez-vous, on est r’venus

j’ai accueilli
les premiers goglus des prés
avec leurs belles taches jaunes

y’avaient le chant retenu
peut-être à cause du chat

au loin, dans des champs
des genre de jonquilles
y doivent venir de la ville
d’en dewors

juste ici, quelques pissenlits
mais les reines, c’est encore les tussilages
chacunes son moment

y’en a qui les cueille
moi j’les laisse aux abeilles

j’ai fait le tour de nos arbres
les ai félicité, d’avoir traversé un autre hiver
un autre hiver pis 2 sécheresses

j’ai salué les bourgeons
y prennent leur temps pour éclore
pour montrer qu’en Gaspésie
nous autre, on sait comment prendre notre temps

les feuilles sont pas encore ouvertes
les fleurs non plus
ni les aiguilles
c’est sur le bord

toute est juste sur le bord

Ouh c’est comme ça que je fini le carnet rose (par le milieu haha)
Carnet commencé en décembre 2024, avant de partir au Costa Rica.
(Vidéo à venir plus tard)

28 mai – Attente et motifs

Un bon moment, pour faire un dessin du jour : les moments d’attente.
Transformer l’attente en création, plutôt qu’en scrollage déprimant.

Et c’est pas parce que le dessin du jour est déjà fait qu’on peut pas re-dessiner plus tard,
si l’envie nous prends ;)

Juste mettre des couleurs, sur du papier.
Y’en a, pour se défouler, qui sacrent des coups de poings sur des sacs de sable.
Moi je sacre des couleurs sur du papier.

Des coooouuuuuleeeeeeeuuuuurs

gaspiller du papier
gaspiller des couleurs
de façon jubilatoire

25 mai – Longue-vue

Un télescope qui pointe vers des blocs appartements,
c’est encore un télescope ?
Des enfants qui regardent Michaël Jackson dans la télé de l’appart, avec le télescope,
ça comptes-tu comme du temps d’écran ?
Des rideaux transparents en dentelle,
c’est vraiment des rideaux ?

En sortant du micro-ouvert, à Chandler, y’a une longue vue dehors. Sûrement pour regarder les oiseaux plus bas. Mais les enfants lui ont trouvé une utilisation plus ludique à leurs yeux.

Ça doit être dessin le plus botché de la semaine, mais c’est un dessin quand même.
(Et c’est le genre de dessin qui rends le défi réaliste sur le long terme)

Et même si c’est plutôt incompréhensible, ça ramène à un souvenir comique et un moment quand même cute, malgré tout. ;)

« C’est mon tour !! »

30 mai – Mourue

31 mai – Arbre

Dessiner un arbre, c’est toujours un bon défi.
Je pratique absolument pas assez mes dessins d’arbres, c’est tellement terrifiant, comme sujet de dessin aha (Trop de détails, impossibilité de voir, choisir quoi dessiner, quoi ne pas dessiner)
Mais celui-là, je l’aime :)

J’ai réussi à prioriser les premières grandes lignes et ça m’a aidé à balancer l’ajout de détails ensuite.

1er juin – Tracteur

Son premier mot, après maman, ça été « tac’teu' »
Alors imaginez son bonheur.

(Je dessine encore mon garçon comme s’il était avant sa méga poussée de croissance d’ado. Va falloir m’habituer à ajuster ça)

2 juin – Poils

ce moment au printemps
où je me demande si je continue comme ça
ou repars en neuf pour l’année

3 juin – Recouvrir la haine d’amour

j’ai fait mon dessin du jour
sur une croix gammée
pour l’enjoliver
et la contrecarrer d’amour


l’envie me prends de m’équiper en graffiti
pouvoir transformer toute la haine que je rencontre
en amour, art et ouverture

4 juin – Automatique

Un texte automatique en partant du mot veille.

Pour la page du jour, je fais ça, des fois, quand je sais pas quoi écrire.
C’est rarement intéressant, hein,
mais ça remplis la page, ça divertit
et y’a des fois des phrases ou des trucs surprenant qui sortent.
Et parfois même des textes complets que j’aime.

(Je parle pas de lui. Lui, il est là juste à cause du dessin. Même si c’est arrivé dans l’ordre inverse)

Quand je sais pas quoi dessiner, je remplis souvent l’espace qui reste, sur les côtés, sans texte.
(retiens cet exemple, je t’en reparler à l’exercice créatif)

Après l’écriture automatique, le dessin automatique.
Oui oui
Dessin automatique.
Pas réfléchie, suivre toutes les premières idées qui viennent, pas vraiment arrêter le crayon et se laisser surprendre.
(Là, je sais pas pourquoi, mais c’est les mains et les bras qui sont poppées, qui voulaient être dessinées. Et le reste a suivi)

Exercice CRÉATIF – Dessiner dans les marges

Petit exercice tout facile, tout simple et très très accessible.
Comme un doodle qu’on fait en parlant au téléphone.

Comme j’ai fait cette semaine quelques fois,
et que je fais souvent, quand j’ai moins de « jus » créatif.


Étape 1 : OÙ ?

Dans ton agenda, un cahier où tu écris ou un feuille qui traine avec du texte dessus (genre une facture ou n’importe quoi)

Étape 2 : Comment ?

Y’a un trou quelque part ? Entre le texte ?
Remplis-le d’un dessin.
Soit tu traces une forme, que tu transforme en dessin.

Ou tu remplis l’espace, avec un ou des dessins
Ou tu dessine juste, dans l’espace.
Ou autour de l’espace

Tellement facile, que t’es capable de le faire.

Même si tu dessine pas tant que ça.
Même si t’as pas le temps.
Même si t’es fatigué.e.

T’es capable.
Pis tu vas même avoir du fun.

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